INTERVIEW DE HABI SANATA DIARRA

INTERVIEW DE HABI SANATA DIARRA :

Propriétaire de l’entreprise de promofil crée en 1985 dont le but est de valoriser le tissage traditionnel par sa promotrice directrice générale qui tient son savoir faire de ses ancêtres .Promofil s’évertue à l’impulser par une production de qualité et la faire consommer par toutes les couches de la populations en mettant à sa disposition un label de qualité doux soyeux qui met en exergue les motifs « faits main » qui reflètent toutes les couleurs chatoyantes et les senteurs de notre continent

POUVEZ-VOUS  VOUS PRESENTER A NOS LECTEURS ?

Je suis née en 1944 en haute volta actuelle Burkina fasso. J’ai fait mes études primaires et secondaires au soudan français et je suis arrivée au Sénégal le 22 décembre 1961par le biais du mariage à l’âge de 19 ans. J’ai terminé mes études au Sénégal, puis j’ai fait une formation de secrétariat de direction espagnol deuxième langue. Après l’obtention de mon diplôme j’ai travaillé à l’université de Dakar dans la faculté des lettres et des sciences humaines de 1967 à 1979.

QU’EST - CE QUI VOUS À POUSSE A EMBRASSER  CE METIER ?

J’ai  trouvé mes parents travailler le coton et je faisais des tontines malgré que je sois jeune. J’ai appris également à égrainer, ma grand-mère et ma mère faisaient le tissage c’est pour cela que ces dernières m’ont laissé en héritage les matérielles avec lesquelles elles travaillaient. C’est avec l’appui de  ma belle-mère qui m’a appris à agencer et  faire de belles couleurs. C’est ainsi que j’ai appris le goût du tissage.

COMMENT VOUS EN ETES ARRIVEE LA ?

J’ai commencé à faire des  portes monnaies qui coûtaient 300 à 500 francs et des portes documents. C’est avec l’appui de mon oncle Ouattara qui m’a aidé à me trouver un bfem mais les autorités ont refusé. Depuis ce jour là j’ai commencé à faire ce métier, j’ai gagné un marché qui est allé jusqu’au Congo (Kinshasa) tout en étant secrétaire de direction.

Lors de la quinzaine de la femme organisée le 8 mars 1988, le président Diouf qui présidait  la fête à sorano avec le soutien d’Annette M’baye et Dior N’diaye ancien ministre de la femme on m’avait proposé de faire beaucoup de chose pour montrer au président qu’une femme pouvait revaloriser le coton et faire réussir des femmes qui travaillaient dans ce domaine. Après l’exposition j’ai obtenu le marché de la francophonie et à ce moment mes idées ont commencé à jaillir. J’ai fais des porte-monnaie, et des boubous, des sacs de sortie entre autre. J’en ai profité aussi pour former des gens et j’ai aidé des femmes pour qu’elles contribuent aux ménages. Ainsi, j’ai adhéré à la chambre de commerce comme professionnelle d’artisan d’art en 1989 et en 2004 j’ai obtenu le grand prix du président de la république. C’est une récompense de Dieu, ce titre de Dieu  est dédié aux femmes de l’Afrique à persévérer dans le travail et de ne pas se décourager et il n’y a pas d’âge pour se présenter à un concours.

QUELLES SONT LES DIFFICULTES QUE VOUS RENCONTREZ ?

Beaucoup de difficultés avec mon statut de femme mariée. Je rencontre des problèmes et il m’arrive parfois de jeter l’éponge mais ma foi me déconseille. Mais une femme doit avoir la patience et quand on travaille on doit respecter ce travail dignement.

EST- CE QUE VOUS AVEZ DES BAILLEURS DE FONDS ? 
Je n’ai jamais eu de bailleurs de fonds, je me suis battue et je n’ai jamais eu de partenaires à l’extérieur.

C’EST RARE DE VOIR DES FEMMES DANS CE METIER ?

C’est parce que le métier demande beaucoup de sacrifices et il y’a aussi beaucoup de contraintes.

QUELS CONSEILS DONNEZ--VOUS AUX JEUNES ?

Je demande aux jeunes actuels de respecter son prochain, de travailler dignement et honnêtement. D’ailleurs  la volonté et la patience sont le credo de la réussite. Tout ce qui est à l’extérieur se trouve dans notre pays.

VOTRE MOT DE LA FIN ?

Je remercie le bon, dieu et mon défunt mari qui m’a emmené au Sénégal.Grâce à lui j’ai obtenu la nationalité sénégalaise c’est lui également qui m’a donné le courage de bien travailler. Il m’avait soutenu moralement et financièrement pendant les moments difficiles. Je pris pour le repos de son âme. Mention spéciale à mes parents qui m’ont béni car sans eux je suis rien

Commentaires (1)

1. tmontard@orange.fr 15/04/2007

Un grand Bravo pour cette grande dame!
Un exemple pour montrer que de rien on peux aller tres loin à force de dexterite de courage. Son talent merite d'etre aidé.

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