Interview de Ndèye Dagué Guèye

Interview de NDEYE DAGUE GUEYE

N’déye Dagué va au-delà des efforts traditionnels qui forment les personnes avec les personnes handicaps physiques à s’insérer dans une société inappropriée en aidant les femmes à se départir pleinement de leur perception négative de soi et à faire valoir leurs droits.

QUI EST NDEYE NDAGUE ?

Je m’appelle Ndéye Dagué Gueye, née le09 février1962 à M’bour, mariée et mère de deux enfants. Je suis enseignante de profession, sortie  à l école normale des filles de thiés Germaine le Goff. Je suis présidente nationale de la section féminine de l’association des handicapées moteur du Sénégal, je suis aussi la présidente nationale du comité des femmes de la fédération sénégalaise des associations des personnes handicapées.

Comment a été votre enfance ?

J’ai vécu avec mes parents, mes frères et sœurs, nous sommes une famille de 09 enfants et je suis la troisième. J’ai eu la polio à l âge de 1 an, je suis la seule handicapée  dans ma famille, mais j’ai reçu une même éducation que mes autres frères et sœurs. Mes parents avaient beaucoup d’affection pour moi, ils tenaient beaucoup à mon éducation, mon père en tant qu’éducateur me demandait de très bons résultats ce que j’ai toujours réussi à faire. Ma mère éprouvait une pitié en me faisant faire certains travaux, mais mon père insistait à chaque fois pour dire, je suis une femme et je devais d’abord maîtriser les travaux ménagers, ce qui fait que je travaillais au même titre que mes autres sœurs et à l’école, je faisais de très bons résultats et cela faisait la fierté de mon père. Sur le plan du traitement  comme à l’époque, les parents se tournaient toujours  vers la médecine traditionnelle, mais j’ai eu  des améliorations surtout avec les sciences de kinésithérapeute, les interventions chirurgicales que j ai reçues à l’hôpital. Durant cette période concernant le traitement,  j’ai vécu auprès de ma tante paternelle qui logeait à yeumbeul, prés de Dakar car mes parents logeaient à M’bour c’est après tous ces traitements à l’âge de 8 ans que je suis  revenue à m’bour, après avoir eu mon premier appareil orthopédique pour commencer à aller à l’école.

Qu’est ce qui vous a poussé à enseigner ?

Je peux dire que je suis enseignante, quand je faisais la troisième, j’ai eu mon bfem avec brio, en même tant que j’ai réussi au concours d’entrée à l’école normale des filles. Dans un premier temps, c’était pour tester mon niveau mais finalement, j’ai fini par rejoindre l’école normale car mon père était décédé, ma mère n’avait  qu’une petite pension qui ne lui permettait pas de soutenir convenablement dans mes  études et celles de mes autres frères et sœurs.j’ai finalement accepter le métier d ‘enseignant pour pouvoir sortir et appuyer ma mère   dans le cadre de la prise en charge de mes frères et sœurs qui ont eu la chance de poursuivre leurs études jusqu’à un niveau avancé.

COMMENT A ETE VOS DEBUTS EN TANT QU’HANDICAPEE ?

Quand j’étais à l’école normale après quelques mois d’études on a voulu m’exclure parce que j’étais handicapée, il a fallu un combat ferme mené par mon père adoptif pour qu’on accepte que je continue mes études. Cette exclusion qui n’était rien d’autre qu ‘une discrimination m’a beaucoup fait mal et a suscité  mon militantisme pour la cause des handicapées.

EN TANT QUE  PRESIDENTE DES FEMMEES HANDICAPEES QUELS SONT LES PROBLEMES QUE VOUS RENCONTRIEZ ?

Rien qu’être femme et handicapée est une double difficulté, on a tous les mêmes problèmes que rencontrent les femmes et ceux que rencontrent les femmes handicapées, il faut dire que ces écoles et instituts de formations ne sont pas toujours accessibles en plus le métier n’est pas toujours adapté, pour l’emploi on a l’habitude de nous marginaliser.

QUEL SENTIMENT AVEZ –VOUS QUAND VOUS  VOYEZ LES HANDICAPES MENDIER ?

En  tant que leaders d’association handicapée en rencontrant ces gens qui mendient dans mon for intérieur je me dis qu’il me reste beaucoup de choses à faire.

QU’EST- CE  QUI VOUS A LE PLUS MARQUE DANS VOTRE VIE ?

C’est mon exclusion à l’école normale parce que je suis handicapée.

COMMENT TROUVEZ-VOUS LE CONCEPT DE GEANTE INVISIBLE ?

C’est une bonne initiative car il existe des femmes qui ont beaucoup fait mais elles restent  dans l’anonymat, inconnue au grand public

QUELS CONSEILS DONNEZ-VOUS AUX FEMMES HANDICAPEES ?

Je trouve qu’elles doivent avoir confiance en elles et pour cela les parents et même la société doivent mettre l’accent sur les capacités et les potentialités des personnes handicapées, la société regardent beaucoup ce que ces dernières ne peuvent pas faire alors qu’elles ont les moyens de les exploiter.

VOS SOUHAITS?

Je souhaite que l’Etat aménage un effort pour appuyer l’éducation spéciale et mettre en œuvre l’éducation pour tous sans exception, une intégration économique effective pour les personnes handicapées et  une meilleure participation aux instances de décisions. 

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