Interview de Yacine Ndiaye

INTERVIEW DE YACINE NDIAYE

Née en 1936 à Tivaoune, Yacine Ndiaye a fait ses études primaires avant d’aller à Saint Louis au collège Ahmet Fall où elle a obtenu son BEPC .Puis s’en est suivi un passage à l’école normale de Rufisque où elle suivait une formation en institutrice. C’est après qu’elle  fut affectée à Tamba pendant deux ans .Après son retour  à Dakar elle est affectée à l’école clémanseau de Dakar avant de rejoindre Thiès précisément à l’école des jeunes filles de randoulène pendant une année .N’étant pas au bout de ses peines Yacine Ndiaye est affectée à Dakar où elle a servi jusqu'à retraite.

Comment avez-vous vécu votre enfance ?

J’ai grandi à Tivaoune entre l’école et les champs. Du champ de mon père et l’école coranique, je n’ai pas eu de problème particulier durant mon enfance. En somme, une enfance tranquille.

Pourquoi avez vous choisi le métier d’enseignement ?

Je l’ai choisi parce que c’était le métier que je pouvais pratiquais après le BEPC. Cela me permettait de gagner ma vie et très tôt, pour aider ma mère et son jeune frère.

Le décès de mon frère a compliqué un peu le train de vie, car n’ayant pas laissé aucune ressource.

Comment ont été vos débuts ?

Mon début était  difficile. D’abord j’ai été affectée à Tamba qui était considéré comme un poste déshérité à l’époque .Malgré l’éloignement, je n’ai pas eu de peine .J’ai passé mon CAP après deux ans d’enseignement .Arrivée à Dakar, j’ai passé de cap.

Que pensez vous aujourd’hui de l’enseignement ?

Le  niveau a baissé .Quand j’étais au CI déjà je commençais à écrire des lettres pour ma mère mes tantes etc. Et quand j’enseignais à mes élèves de CI, Cp, je leur faisais écrire à chacun sa pensée de veille sur une feuille. Maintenant au Cem, cette forme d’enseignement a disparu. Les élèves ne peuvent plus écrire. Ce qui explique la baisse du niveau.

A qui la faute ?

Je ne sais pas. Je pense que les parents envoient leurs enfants très tôt à l’école ou bien est ce que les maîtres ont suffisamment formé pour enseigner. Beaucoup de jeunes choisissent le métier pour un tremplin .Par contre, à notre époque, on choisissait le métier par amour.

Ajouté  à ce mal, le système du double flux pénalise des enfants .Les uns travaillent le lundi et les autres le mardi. J’aurais demandé à ce qu’on diminue les effectifs dans les classes.

Votre plus beau souvenir ?

Je suis une personne tellement simple .Tout me fascine, je n’ai pas de référence sur tel ou tel acte .Pour moi tout est beau.

Quels conseils donnez-vous aux jeunes ?

Ils doivent être corrects. Ils ne peuvent plus parler entre eux et avec les personnes âgées, c’est encore pire .Leur langage est vulgaire .Pour les filles, leur habilement, ne sont pas décentes .Il y’a une crise de pudeur à ce niveau.

Votre dernier mot ?

Je suis très contente de me frotter encore aux jeunes .Votre interview en est  une. Cela m’a permis de se rappeler de mon enfance, de mon travail. 

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